Le Jardin d'Altitude du Haut-Chitelet, mois de MAI 2011

 

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Photos des plantes alpines en cours de floraison au jardin d'altitude du Haut-CHITELET

 

 

Mardi 31 mai

 

 

             

ANEMONE tetrasepala et PHACELIA sericea

 

La gracile anemone tetrasepala, tout droit venue des pâturages himalayens, dresse ses bouquets de fleurs blanc pur au sommet de tiges pouvant atteindre 1 mètre de haut.

La phacélie, à droite, vient des Rocheuses en Amérique du nord. Sa culture au Haut-Chitelet n'est pas forcément de tout repos, car elle vient de régions alpines où il n'y a guère d'humidité hivernale pendant plusieurs mois, les plantes étant constamment recouvertes de neige. A cela s'ajoute en plus une tendance à bouder l'humidité estivale, chose pas toujours évidente dans les Vosges. Bref, il lui faut et le plein soleil, et un sol bien draînant où l'humidité ne stagne guère.

Même si probablement simplement une bien pâle représentation de ses soeurs nord américaines vivant dans leur milieu naturel, la petite phacélie du Chitelet a le mérite de tolérer le climat vosgien, et de ne pas dépérir trop rapidement.

 

 

       

CLEMATIS alpina et PAPAVER kluanense

 

Nettement moins regardante sur la nature du sol ou la couleur du ciel, la clématite des Alpes fleurit fidèlement et généreusement à chaque début d'été les rocailles. Avec une distinction et une légèreté très agréables.

Le papaver kluanense pousse lui de nouveau de l'autre côté de l'Atlantique, dans les montagnes Rocheuses. Gare aux sols n'évacuant pas rapidement les excès d'humidité, ou trop riches, dans lesquels il se comportera comme une plante éphémère, ce qui serait malheureux, son jaune citronné apportant une touche de couleur rafraîchissante entre les pierres. Si l'endroit lui plaît par contre, il s'y resèmera spontanément, ce qui donne toujours lieu aux scènes les plus naturelles et les plus réussies.

 

 

CAMPANULA alpestris

 

Un vrai monument, cette campanula alpestris. Il faut la voir de ses propres yeux pour s'en rendre compte, mais la fleur est tout simplement énorme et complètement disproportionnée par rapport à la rosette de feuilles qui la porte. La magie de la flore alpine, où la vie a choisi de mettre parfois dans la floraison tout ce qu'elle peut donner. Cette campanule habite les éboulis pierreux des Alpes qu'elle colonise par ses nombreuses pousses souterraines, ressortant de ci de là, et offrant alors cette merveilleuse fleur, qui, malheureusement ne dure pas très longtemps ( à peine quelques jours, encore moins si le temps n'est pas propice)

 

 

PHYTEUMA globulariifolium ssp.pedemontanum

 

On reste dans les endroits pierreux ou les pelouses rases des Alpes. Ce phyteuma est minuscule, ne dépassant pas 5 centimètres de haut en pleine floraison. Le feuillage, quant à lui, reste littéralement plaqué au sol. Un petit trésor à voir de très près.

 

 

         

PARADISIA liliastrum et GENTIANA verna

 

La pureté faite fleur avec le paradisia, au nom apparemment prédestiné? Un blanc virginal, éblouissant au soleil, un blanc que l'on ne rencontre pas si souvent dans le monde végétal. La photo ci-dessus à gauche fut prise tard le soir et ne lui rend donc pas forcément hommage. Rien ne vaudra par conséquent une petite visite au jardin en pleine journée pour apprécier pleinement cette merveille. Les plus belles choses ont cependant toujours une fin, et c'est encore plus vrai pour le paradisia, dont chaque fleur ne dure pas plus d'une ou deux journées. C'est toujours avec regret que l'on voit de telles fleurs fâner aussi rapidement, mais comme le montre la photo, il y a généralement de la réserve pour une bonne dizaine de jours au moins.

On ne présente plus la gentiana verna, l'étoile bleue des pâturages de la plupart des montagnes européennes. Un bleu pas très folichon d'ailleurs cette année au jardin.

 

 

 

 

 

Vendredi 20 mai

 

Et après la chaleur et le temps sec, ce sont les orages qui sévissent ces derniers jours sur le jardin, accompagnés de pluies parfois bien trop brutales et de grêle à deux reprises déjà. Heureusement les grêlons sont restés de taille très raisonnable, mais cela a suffi pour occasionner quelques regrettables dégâts: la première fleur de pavot bleu de l'Himalaya, la première de cette saison 2011, n'aura malheureusement pas resplendi bien longtemps; une dizaine d'heures en tout et pour tout, entre son éclosion magique sous un beau soleil matinal, et sa "mise à terre" en fin d'après-midi, sous les coups acharnés des grêlons.

 

 

      

MECONOPSIS betonicifolia

 

Peut-être cette avance de 3 semaines sur le calendrier aura été fatale à cette première fleur, en l'exposant prématurément à ces deux orages de grêle successifs? Si les éléments le veulent bien, d'autres fleurs lui succèderont cependant très rapidement, et en plus grand nombre;

 

 

LINARIA alpina

 

Courant entre les roches, dégringolant les pentes à son gré, la linaire des Alpes mérite bien son appellation de guirlande fleurie. Elle occupe le terrain comme bon lui semble, une année ici, là-bas la suivante, se resemant de préférence sur les sols bien caillouteux et pauvres, où la concurrence d'espèces plus grandes ou plus vigoureuses est forcément limitée.

 

 

      

RHEUM alexandrae et TROLLIUS pumilus

 

Les photos sont trompeuses. On a à faire ici à un géant à gauche et à un lilliputien à droite. Le rheum alexandrae vient de l'Himalaya, c'est une rhubarbe, tout simplement, mais une superbe rhubarbe, dont la floraison se distingue immédiatement de celle de la rhubarbe de jardin comestible que l'on connaît bien. Quant au minuscule trollius pumilus, il vient de l'est de l'Himalaya et du sud-ouest de la Chine. Notez la taille complètement démesurée de sa fleur par rapport aux quelques feuilles au ras du sol. La plante ne mesure ici pas plus de 5 cenimètres de haut, et encore moins de large!

 

 

      

RANUNCULUS parnassifolius et PRIMULA auricula

 

On reste dans la famille des renonculacées, et, après notre adorable petit trolle chinois, on passe à une renoncule européenne, guère plus grande, la renoncule à feuille de parnassie. Ses fleurs attirent immanquablement l'oeil par leur silhouette très agréable et régulière, le tout sur fond de feuillage très décoratif.

On ne présente plus la primevère oreille d'ours, à droite, au parfum enivrant, et au charme souvent inégalé par la cohorte d'hybrides horticoles très variés qui ont été créés.

 

 

ANDROSACE chamaejasme

 

Des montagnes européennes aussi, l'androsace petit jasmin, très proche parente de l'androsace vilosa, que l'on différencie notamment par sa pilosité encore plus prononcée.

 

 

SILENE acaulis 'correvoniana'

 

On connaît également bien la silène acaule, cette "mousse" qui recouvre les rochers des Alpes ou des Pyrénées, et qui se couvre de fleurs roses une fois venu le printemps. Ici, une variation naturelle, caractérisée par des fleurs doubles.

 

 

 

  

 

 

 

Samedi 14 mai

 

Après un début d'hiver particulièrement prometteur, la neige a vite délaissé les crêtes vosgiennes. Dès courant janvier, par endroits et par moments, et de manière de plus en plus évidente dès le mois de mars, si bien que le printemps a été très précoce en montagne cette année, avec un mois d'avril très ensoleillé, très doux à chaud, sec, et sans neige résiduelle ou presque. Les plantes alpines n'attendaient évidemment plus que le soleil et la douceur pour démarrer, et ce fut chose faite, avec en moyenne 3 semaines d'avance, et parfois pas loin d'un mois pour certaines espèces.

La sécheresse, bien que plus tardive qu'en plaine, s'est néanmoins faite remarquer début mai, et ce d'autant plus qu'elle coincide cette année pile poil avec le démarrage de la végétation.

Petit coup de pouce de la part de l'arrosoir pour accompagner la croissance explosive de quelques espèces himalayannes notamment, traditionnellement soumises à la mousson dès le milieu du printemps ( primevères, meconopsis, androsaces, etc...), avant des pluies bénéfiques ces derniers jours.

 

 

podophyllum hexandrum

PODOPHYLLUM hexandrum

 

Originaire de la chaîne himalayenne et de la famille des berbéridacées. Les fleurs, solitaires, sont portées en haut des tiges, au sein des feuilles qui se déploient par la suite largement. Une gros fruit rouge fera suite à la floraison dans le courant de l'été. Récolté pour ses qualités médicinales, et plus ou moins menacé du coup dans son aire de répartition naturelle, c'est une superbe plante de jardin, qui apprécie la fraîcheur et l'humidité.

 

 

CORYDALIS cashmeriana

 

Un véritable petit bijou lui aussi natif des montagnes himalayennes, où il subit de plein fouet la mousson avant même le début de l'été. Il n'apprécie ainsi ni la chaleur, ni la sécheresse. A l'inverse, les pluies hivernales ou les fortes gelées peuvent le faire souffrir. Bref, ce n'est pas une plante toujours facile, mais ce bleu céleste mérite tous les efforts pour satisfaire au mieux ses exigences de culture.

 

 

FRITILLARIA pallidiflora

 

Cette fritillaire vient de régions au climat plus sec ( nord-ouest de la Chine, Asie centrale), mais elle pousse de préférence quand même dans les endroits humides, dans un sol assez riche.

Sa floraison, sans être spectaculaire, est très décorative. Elle tombe cependant assez rapidement en repos dans le courant de l'été.

 

 

ANDROSACE alpina

 

Culture plus délicate pour cette androsace originaire des Alpes européennes: un endroit le plus lumineux possible, pas ou peu de chaleur, un sol qui reste humide durant l'été, sans excès, et un hiver si possible au sec sous la neige. Conditions qui ne sont pas toujours toutes réunies au jardin du Haut-Chitelet, suivant les années, ce qui oblige à surveiller la plante d'assez près ( changement d'emplacement, renouvellement par semis). Les androsaces sont des plantes typiquement alpines, et illustrent fort bien les efforts d'adaptation qu'elles doivent déployer pour contourner les contraintes climatiques parfois extrêmes rencontrées dans leur milieu naturel ( port en coussin plaqué au sol, feuilles étroitement imbriquées les unes dans les autres, munies de poils minuscules, fleurs comparativement très grandes, etc)

 

 

GLAUCIDIUM palmatum

 

Fraîcheur, ombre, humidité, et sol riche pour cette espèce originaire des forêts de montagne japonaises. Sous ses faux airs de pavots, il s'agit en fait d'une renonculacée ( famille des ancolies entre autres)