Le Jardin d'Altitude du Haut-Chitelet, mois de JUIN 2011

Photos des plantes alpines en cours de floraison au jardin d'altitude du Haut-CHITELET

 

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 PHOTOS de quelques plantes alpines ou de montagne en cours de floraison dans les rocailles au jardin d'altitude du HAUT CHITELET

 

Dimanche 26 juin

 

 

Finalement, le mois de juin aura apporté pas mal d'eau sur les crêtes vosgiennes, avec à ce jour environ 150mm de pluie relevés au pluviomètre. Amplement suffisant pour reverdir les pelouses qui tournaient tout doucement au jaune en Mai, suffisant pour redonner un peu de punch à la Vologne qui traverse le secteur américain et asiatique, et, combinés à une relative fraîcheur générale, exactement ce qu'il faut pour maintenir les floraisons un peu plus longtemps.

La chaleur et le soleil attaquent cependant de concert et sérieusement en ce début de dernière semaine de juin. Heureusement de manière assez brève.

 

                

PRIMULA bulleyana et CODONOPSIS clematidea

 

Peu lui importera le temps sec, primula bulleyana pousse de toutes façons en bordure de ruisseau, ses racines plongeant dans l'eau fraîche de la Vologne qui traverse le Chitelet. Elle atteint en ce moment son pic de floraison, accompagnée par la primula florindae et la primula burmanica, toutes trois natives des confins Chine/Himalaya.

Originaire lui aussi de l'Himalaya, le codonopsis clematidea ne tolèrera cependant pas l'humidité omniprésente d'un bord de ruisseau, qui entraînerait immanquable une pourriture fatale des racines. L'intérieur de la fleur est surprenant, avec des motifs invisibles de l'extérieur, mélange de taches et d'anneaux violets et/ou oranges. Plus beau à voir de ses propres yeux qu'à prendre en photo.

 

 

SILENE uniflora

 

La silene uniflora pousse spontanément sur l'ensemble des littoraux atlantiques ouest-européens, de l'Islande à la Norvège, de l'Angleterre à la péninsule ibérique en passant par la France. Pas à proprement parler une plante alpine par conséquent, mais ses variantes issues des côtes islandaises et norvégiennes donnent des plantes très trapues, au port caractéristique en coussin, émaillé de grosses fleurs blanches en début d'été.

 

 

      

DICENTRA peregrina et DIGITALIS grandiflora

 

Le délicat dicentra peregrina, dont on connaît quelques proches parents bien plus vaillants dans nos jardins ( les coeurs de Marie), est originaire des montagnes du Japon et de l'extrême est de la Sibérie. Plante alpine à part entière, au tempérament bien trempé. Le Chitelet et son climat semblent lui convenir, puisqu'il se resème de ci de là, sans jamais être envahissant cependant, en bon aristocrate qu'il est.

Des Vosges, et des montagnes européennes de manière plus générale, la digitalis grandiflora à droite. Moins imposante que sa sœur pourpre, digitalis purpurea, et habitant des milieux quelque peu différents: plutôt en situation vraiment dégagée, sur sol acide ou calcaire, peu lui importe, la digitalis purpurea étant plutôt inféodée aux forêts, ou du moins à leurs clairières et orées, et toujours sur sol acide.

 

 

DIANTHUS subacaulis

 

Un petit dianthus méditerranéen au passage, et ci-dessous:

 

 

    

GENTIANA punctata et ARISAEMA flavum

 

Comme la plupart des grandes gentianes, la gentiane ponctuée fleurit en début d'été, laissant le printemps à ses soeurs acaules au bleu profond. Son qualificatif "ponctuée" n'est pas volé, comme le montre la photo.

A droite, un arisaema, genre appartenant à la famille des aracées. Celui-ci démarre très tardivement au Chitelet, cette année pas avant la mi-juin, mais tout vient alors en même temps: feuilles et fleurs. Pas de tape-à-l'oeil dans le genre arisaema, mais des floraisons curieuses, parfois étranges, suivies de belles baies dans le courant de l'été.

 

 

PAEDEROTA bonarota

 

Un genre voisin de celui des VERONICA, que l'on trouve dans les Alpes orientales et centrales, poussant généralement dans les rocailles ou les falaises calcaires. Pas d'aménagement spécial ici pour la cultiver, mis à part l'ajout de graviers pour obtenir un mélange draînant, le sol reste résolument acide de nature, ce qui ne la dérange guère visiblement.

 

 

SAPONARIA pumilio

 

Des Alpes orientales ou des Carpates. Petit coussin de feuilles allongées vert franc un peu luisant, se couvrant en début d'été d'une multitude d'énormes fleurs roses à l'odeur très sucrée. L'hiver, ce sont les campagnols qui apprécient la plante, et notamment ses racines. Une multiplication par boutures ou par semis n'est pas superflue de temps en temps, pour compenser ces prélèvements "sauvages"...

 

     

SENECIO leucophyllus et TRIFOLIUM trichocephalum

 

Répartition essentiellement pyrénéenne pour le senecio leucophyllus à gauche, avec quelques rares avant-postes dans le Massif Central ou le sud-ouest des Alpes. C'est plus une plante de feuillage que de floraison, encore que...Sa culture n'est pas toujours évidente en dehors des zones climatiques naturellement favorables. Au Haut-Chitelet en tout cas, il se répand aisément dans la rocaille pyrénéenne, sans qu'il n'y ait besoin de faire quoi que ce soit.

Nouvel arrivant dans la rocaille Caucase, le trifolium trichocephalum, portant d'énormes têtes florales sur un feuillage duveteux.

 

 

 SWERTIA perennis

 

Et pour terminer, le swertia perennis, de la famille des gentianacées, poussant dans les milieux humides des montagnes et des hautes latitudes de l'hémisphère nord, et cultivé dans la rocaille des Alpes au jardin.

 

 

 

 


 

 

 

Vendredi 17 juin

 

 

Sans grande surprise, le jardin approche de son pic de floraison estivale. Heureusement les températures bien plus normales des 2 dernières semaines ont permis de calmer un peu l'avance énorme de la végétation constatée depuis le début du printemps. Quoiqu'il en soit, il y a presque de quoi voir partout où l'on pose les yeux dans les rocailles.

Comme souvent cependant, il faut savoir être attentif, patient, pour découvrir quelques uns des petits trésors de floraison actuels.

 

           

CAMPANULA excisa

 

Une campanule raffinée, réellement élégante, qui pousse littéralement au ras-du-sol par contre. Il faut donc baisser les yeux, ou, mieux, se baisser carrément, pour apprécier la délicatesse et la précision de sa fleur mauve. De ce point de vue, la campanula excisa est au monde des campanules ce que les soldanelles sont au monde des primevères: une prouesse de coquetterie.

Sa culture au Haut-Chitelet ne présente pas réellement de difficulté: appréciant un terrain acide et caillouteux, mais néanmoins nourrissant malgré tout, elle étend indéfiniment ses tiges souterraines, disparaissant ici sous une pierre, resortant plus loin au grand jour, se faufilant entre les racines des autres plantes, s'aventurant sans crainte sur le bord des sentiers.

 

 

         

CALCEOLARIA tenella et RAMONDA myconi

 

On ne peut pas en dire autant de notre plante suivante, le calceolaria tenella. Certes tout aussi gracieux et d'apparence fragile que la campanule, mais visiblement moins "sauvage" et à son aise. Il occupe cependant fièrement sa petite niche, coincé entre quelques rochers qui lui procurent abri du soleil trop fort des après-midi et fraîcheur et humidité du sol. La récompense se traduit par une belle floraison, qu'il faudra encore une fois voir de près, car les fleurs en elles-même ne mesurent guère plus d'un centimètre, le tout perché sur des tiges hautes de 5/6 centimètres.

La ramonde fait moins dans la discrétion. Originaire des Pyrénées, mais présente pour accueillir les visiteurs dès l'entrée du jardin. Du moins ceux qui sauront fureter attentivement dans les moindres recoins...Là encore, le secret, si c'en est un: ombre partielle, voire totale, ça ne la dérange pas, sols ne desséchant jamais totalement, et présence de beaucoup de cailloux autour des racines. En nature, dans les Pyrénées, c'est une plante des falaises ombragées, fraîches et relativement humides. Paradoxalement, son pouvoir de tolérance à la sécheresse est immense. Réellement immense. La plante peut manquer d'eau pendant 2 ou 3 semaines, au point de se racornir complètement, laissant croire à une mort tragique. Simple stratégie d'adaptation aux aléas climatiques cependant, car aux premières averses notables, les feuilles se redéploieront totalement, et la plante reprendra sa croissance comme si de rien n'était!

 

 

      

LILIUM bulbiferum et MECONOPSIS paniculata

 

Un superbe lis orange qui nous vient des Alpes notamment, et qui, pour gagner du temps, porte de nombreux bulbilles aux aisselles de ses feuilles: à quoi bon perdre du temps dans une germination des graines ( parfois 6/7 ans jusqu'à la première floraison), quand on peut zapper 3 bonnes années en produisant de suite ces petits bulbes aériens? Là encore, adaptation de la plante au milieu.

A droite, un meconopsis paniculata de l'Himalaya. On avait vu dans les séries précédentes des représentants bleus du genre, en voici un jaune citron. Qui a la mauvaise idée d'être monocarpique, ce qui signifie qu'il met plusieurs années avant de fleurir, superbement certes, mais qu'il meurt invariablement sitôt la floraison accomplie. Ce qui implique une récolte minutieuse des graines pour effectuer l'indispensable semis.

 

 

CALCEOLARIA biflora

 

Aux antipodes de l'Himalaya, direction le sud de l'Amérique du sud avec le calceolaria biflora. Floraison curieuse, en forme de sabot renflé, très légèrement ponctué de rouge de ci de là.

 

 

LYCHNIS yunnanensis

 

Un lychnis des montagnes chinoises à présent, facile à contenter au jardin, et fleurissant généreusement chaque année. Des semis spontanés au fil des saisons permettent des surprises agréables, comme en témoigne ce pied à fleurs blanches, la très grande majorité des plantes étant sinon d'un beau rose vif.

 

POTENTILLA nitida

 

On reste dans le rose, mais c'est un rose plus pâle cette fois, pour la potentilla nitida, du sud et de l'est des Alpes. Une potentilla qui a tout pour plaire: un port compact, tapissant, idéal en rocaille, un feuillage légèrement duveteux et vert-bleuté, et, comme dit, ces fleurs roses assez inhabituelles dans le genre des potentilles. Sa culture serait problématique à basse altitude, mais au Chitelet, elle semble avoir trouvé un petit havre de paix qui lui convient parfaitement.

 

SILENE acaulis

 

On termine cette série avec cette dernière photo pour témoigner du pouvoir d'adaptation étonnant des plantes alpines à leur milieu. Une petite silène acaule, très probablement issue d'un semis spontané, a réussi à germer dans une minuscule fissure de la roche, non loin du pied-mère. Conditions extrêmes pour une plantule qui pourtant pète littéralement la santé pour le moment: très peu de terre, et, surtout, un approvisionnement minime en eau. Elle a cependant vaillamment supporté la chaleur souvent sèche du mois de mai sans sourciller une seconde. C'est qu'une racine doit être en train d'explorer profondément cette fissure, cherchant son chemin vers l'humidité et éventuellement une nourriture moins chiche.

 

 

 

 

 


 

 

 

Dimanche 5 Juin

 

 

Une série paradoxalement pleine de fraîcheur pour commencer cette première série estivale de floraisons au jardin du Haut-Chitelet: la bonne pluie, régulière, durable, a enfin refait son apparition, accompagnée comme il se doit sur les crêtes vosgiennes de l'immanquable brouillard à couper au couteau. Un temps somme toute typiquement vosgien, et qui plaît énormément aux plantes alpines, surtout après les chaleurs sèches du mois de Mai.

Festival de gouttelettes, de rosée, et de couleurs ravivées.

 

                  

LILIUM pyrenaicum et MECONOPSIS cambrica

 

Ca y est, le lis des Pyrénées débute son spectacle 2011. Premières fleurs timidement ouvertes dans l'ambiance fraîche et humide, mais quelques jours encore à peine, et la rocaille pyrénéenne se transformera en véritable champs de lis. Des Pyrénées également, le meconopsis cambrica, penchant la tête et ourlé de gouttes d'eau après la pluie.

 

 

         

CAMPANULA ledebourian var.pulvinata et PINGUICULA vulgaris

 

Une campanule du Caucase, cultivée dans le secteur des auges à l'entrée du jardin. Plantée ainsi à hauteur des yeux, il est facile de l'admirer de près. Fleurs surdimensionnées, comme souvent avec les plantes alpines, d'un bleu-violet étrange, profond, presque luminescent.

A droite, la fluette pingicule commune, que l'on rencontrera parfois lors de balades sur terrains humides aux alentours du jardin. Au jardin, elle est cultivée dans l'auge-tourbière, encore une fois à hauteur des yeux, pour mieux l'apprécier. Entourée de ses compagnes habituelles: le saxifraga stellaris, la violette des marais, le sphagnum, etc...C'est une plante étroitement liée à l'eau, vous l'aurez compris.

 

 

HELICHRYSUM milfordiae

 

On change brusquement d'hémisphère, direction l'Afrique du sud, et plus précisément le relief montagneux du Drakensberg. On change de monde par la même occasion, et on trouve ce superbe helichrysum, sorte de coussin gris duveteux et compact, courant sur les roches, émaillé en ce moment de curieuses pointes rouges: la floraison se prépare, et elle sera particulièrement généreuse cette année. Ne pas se fier aux apparences cependant, les fleurs ne seront pas de ce beau rouge carminé. Une fois complètement ouvertes, elles afficheront une couleur plus traditionnelle blanchâtre.

 

L'Asie à l'honneur à présent, avec plein de trésors à découvrir dans les rocailles chinoises ou himalayennes.

 

           

EUPHORBIA griffithii et PRIMULA gemmifera

 

Poussant en Himalaya, l'euphorbia griffithii se fait remarquer à cette époque-ci par l'étonnant contraste entre le vert bronze de son feuillage et la couleur rouge plus ou moins vif des ses bractées. En effet, ce ne sont pas les fleurs qui sont colorées. Elles sont minuscules, et insignifiantes vues de loin. Et du coup, ce sont ces fameuses bractées, sorte de feuilles transformées, qui apportent cette touche de couleur très intéressante.

Pas de subterfuge du genre avec la petite primevère chinoise, primula gemmifera. Ce sont bel et bien les fleurs que l'on voit délicatement teintées rose-mauve, perchées au sommet de tiges à l'aspect si fragile, si aérien.

 

 

   

POTENTILLA atrosanguinea et MECONOPSIS horridula

 

Deux autres pointures de la flore himalayenne. La potentille pour son rouge sang incroyablement vif, d'où son nom latin, sur fond de feuillage un peu argenté et duveteux ( tout pour plaire), et le petit meconopsis horridula, qui tient lui son nom de la multitude d'épines ( pas si méchantes que ça) qui recouvrent ses tiges, plus ou moins ses feuilles, et surtout ses boutons floraux. Cette espèce de meconopsis est extrêmement variable en nature, que ce soit dans la forme des feuilles, la couleur des fleurs, l'aspect général de la plante, etc...Celui-ci possède des pétales bleu-mauve pâle presque translucide, qui scintillent au soleil.

 

MECONOPSIS grandis

 

Enfin, pour terminer, un des rois de l'Himalaya, le meconopsis grandis. Très proche du meconopsis betonicifolia, dont il s'en distingue entre autres par la forme de son feuillage, la présence de poils bruns-roux, son époque de floraison un peu plus tardive, et par d'autres détails d'ordre plus botanique. Il est cependant difficile de garder une souche pure, puisque des croisements spontanés entre les deux sont fréquents en jardin, donnant lieu après semis à une génération de plantes aux caractéristiques intermédiaires.

Le meilleur moyen d'y remédier, c'est tout simplement d'éviter le semis quand c'est possible, et de diviser les pieds-mères: le meconopsis grandis, contrairement à beaucoup de ses confrères himalayens, a la bonne idée d'être relativement vivace, les touffes s'agrandissant au fil des années. Il n'y a alors plus qu'à séparer les pieds les uns des autres.