Réserve naturelle des Taubergiessen, Allemagne

 

Les prairies sont blanchies par le gel de la nuit qui tarde à s'en aller. Quelques chevreuils broutent paisiblement, l'oeil et les oreilles toujours à l'affût, la brume s'élève des étangs encore relativement doux par rapport au froid piquant de l'air. Un cygne y achève tranquillement sa nuit, posé sur l'eau, tel un mirage parmi les volutes de brume dissimulant les reflets hésitants des berges.

Une fois le soleil levé, les arbres, le ciel, et l'eau prennent des teintes très très douces, subtiles, comme pour ne pas rompre le charme de cette nature encore endormie.

La réserve, cette fois encore, présente un visage très différent. En partie grâce à cette lumière de petit matin hivernal...

Je presse le pas à moment donné. Le soleil rasant illumine l'atmosphère brumeuse des sous-bois, et les plonge dans une ambiance mystérieuse.

Il y a un peu plus loin un coin dans la forêt où poussent de beaux et grands arbres, aux troncs rectilignes et espacés, que je ne manque jamais de venir voir quand je viens dans la réserve. Ce matin là, le jeu des brumes, du soleil, et des lignes droites des troncs doit, plus que d'habitude encore, valoir vraiment le détour.

Malheureusement, ce que je vois une fois sur place n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais: les grands arbres, tous, sont par terre, abattus, les fûts s'alignent ou s'entassent les uns sur les autres. Evidemment, ce devait être là leur inévitable et seule utilité en fin de compte, ayant poussé ou été plantés uniquement pour faire du bois un jour ou l'autre. On peut même considérer qu'ils n'avaient pas leur place ici, si près des reliques originelles de la forêt rhénane. Peut-être la parcelle sera désormais laissée à elle-même et à la végétation naturelle qui la reconquérira progressivement?

 

 

 

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