Châteaux

 

Les ruines qui piquent les éperons rocheux de l'entrée du val de Villé confèrent un côté très intemporel au paysage. Par beau temps, l'impression est moins forte, moins évidente. Mais il se dégage malgré tout déjà quelque chose de ces vieux châteaux déchus, pour qui se promène dans leur parage et prête un tant soit peu attention à l'ambiance particulière qui entoure ces lieux.

Ce soir-là, cette étrange sensation était à son comble. Peut-être était-ce les conditions météo, peut-être était-ce leur criante solitude au-dessus d'un monde civilisé soudainement entièrement dissimulé par les nappes de brouillard, mais les châteaux me semblaient rayonner, comme libérés de la tenaille qui chaque jour, d'un seul coup d'oeil vers la plaine, ses routes, ses usines, et ses immeubles, les relie immanquablement au temps présent et à leur condition de simple attrait touristique.

Portaits de l'Ortenbourg, du Ramstein, et du plus lointain Haut-Koenigsbourg, qui en cette soirée paraissent à nouveau jalousement garder l'entrée de la vallée, comme au temps passé...

 

 

   

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